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Pendant tout le mois de janvier 2019, nous avons répondu au challenge #Monbusiness2019. C’est un défi lancé par les entrepreneuses créatives où chaque jour du mois est associé à un thème. Nos réponses sont ici. Pourquoi nous vous parlons de cela aujourd’hui ? Parce que parmi les thèmes abordés, il y avait l’intention, le mot que nous souhaitons placer dans l’année 2019. Évidemment, pour nous 2019 est une très grande année puisque c’est notre lancement ! Alors nous avons énormément d’intentions et de mots que nous pourrions utiliser pour la qualifier… Mais nous en avons retenu un : la cohérence.

En effet, si nous avons quitté nos emplois salariés, c’est parce que nos vies professionnelles n’étaient plus en cohérence avec nos valeurs. Aussi, en créant notre propre entreprise, nous cherchons à retrouver ce sens qui nous manquait. C’est pour cela que nous vous parlons régulièrement de nos valeurs, que nous vous expliquons les choix que nous faisons et pourquoi nous les faisons. Et vous l’avez compris dans le titre, l’article d’aujourd’hui ne fera pas exception.

Justement dans nos valeurs, la protection de l’environnement est le critère prioritaire de nos décisions. Aussi, dans cet article, vous allez découvrir pourquoi la fabrication française s’intègre parfaitement dans cette démarche de développement durable, et pourquoi elle a été pour nous une évidence.

Mais d’abord, une petite définition de l’Insee :

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987).

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio, tenu sous l’égide des Nations unies, officialise la notion de développement durable et celle des trois piliers (économie/écologie/social) : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

Ces trois piliers sont également la base de notre réflexion pour Rosie D. et nous allons maintenant détailler chacune de ces idées. Ci-dessous une vidéo intéressante sur une schématisation de ces trois piliers moins habituelle et avec laquelle nous sommes plutôt en accord.

Le pilier économique

Parlons d’abord de l’économie, puisque c’est parfois ce qui fait grincer des dents lorsqu’on parle de durabilité. En effet, les deux notions peuvent sembler incompatibles. Pour nous, l’économie est ce que l’on en fait. Elle n’est qu’un outil, qui peut servir à résoudre des problématiques du quotidien, comme à engendrer de terribles crises. Elle peut servir à financer les énergies renouvelables comme à construire de nouveaux pipelines. Nous pensons que puisque notre monde actuel est régi par l’économie, à nous de nous l’approprier par rapport à nos valeurs. Et ainsi prendre le contre-pied de la tendance actuelle à la surconsommation et au gaspillage. Nous sommes convaincues que le changement de comportement équivaut à un changement de consommation. Et qui dit consommation, dit économie.

Rien n’oblige cette nouvelle économie à avoir les mêmes travers que celle qui nous a mené-e-s aux crises que l’on connait. Elle peut aussi être circulaire (recyclage, upcycling), sociale et solidaire (favoriser le retour à l’emploi, aider à la formation des personnes, valoriser les savoir-faire et les savoir-être), durable (pour prendre en compte le coût écologique), numérique (les produits immatériels peuvent dépenser moins de ressources), de services (non palpables et pourtant bien réels, ils recréent du lien entre les personnes)… Et d’autres formes sont certainement à inventer.

Le pilier social

L’aspect social est pour nous également très important. C’est un sujet que nous avions moins abordé jusqu’à maintenant c’est pourquoi nous sommes ravies de l’évoquer ici. Nous sommes très sensibles au respect du droit des travailleurs, qui sont la vraie richesse des entreprises ! Chaque personne mérite d’avoir une vie décente, de faire les choix qui lui semblent essentiels. Malheureusement, dans les pays où la plupart des usines de textile sont implantées aujourd’hui, les droits sociaux ne peuvent pas être garantis. À ce propos, nous avons écrit un article sur les fast-fashion et ses désastres.

Il est donc hors de question pour nous de participer à l’exploitation humaine que représentent certaines de ces usines. La mise en danger des personnes, l’insalubrité des bâtiments, la pollution engendrées par le manque de règlementation ou de contrôle sont pour nous inacceptables.

Le pilier écologique

Il est peut-être plus simple de se représenter en quoi l’écologie nous inspire pour Rosie D. Le choix de l’agriculture biologique d’abord, qui permet de limiter grandement l’utilisation d’intrants (phytosanitaires, engrais, amendements, semences…). Cette méthode d’agriculture permet aux agriculteurs de retrouver une certaine indépendance économique si elle n’est pas pratiquée de manière intensive. En effet, les grands groupes agro-alimentaires poussent les exploitants à agrandir toujours plus leur exploitation et donc leur endettement. C’est un système qui ne peut évidemment pas être viable sur le long terme.

D’autre part, le fait de ne pas utiliser de produits d’origine animale est un choix éthique d’abord, mais aussi écologique. Nous vous en parlons ici.

Le Made in France comme une évidence

Le fait de choisir uniquement des partenaires français est pour nous une combinaison de ces trois piliers. En effet, nous avons choisi une modéliste française, un atelier de confection français et une fournisseuse de tissus française. Pas de chauvinisme dans cette démarche, seulement la volonté d’utiliser le pilier économique pour consolider les piliers écologique et social. Comment ? En choisissant des entreprises qui garantissent des conditions de travail décentes et une rémunération juste, en sélectionnant des matières ayant le plus faible impact possible sur l’environnement : certifiées GOTS, véganes, non synthétiques, et en limitant le plus possible les transports.

En tant qu’entreprise, nous avons la responsabilité de faire nos choix en conscience et de les assumer. Et en parallèle, nous pensons que l’acte de consommation de chaque individu est un pouvoir. Celui de favoriser une manière de produire plutôt qu’une autre, une façon de travailler plutôt qu’une autre, une éthique plutôt qu’une autre, etc. Ainsi, à l’aide de ce mécanisme puissant, chaque consommateur a la capacité de donner de la valeur à l’activité économique qui correspond à son éthique. C’est pour cela que certains utilisent le mot valise « consomm’acteur ». C’est pour cela que nous sommes optimistes, car la prise de conscience sur les enjeux du développement durable a déjà eu lieu, les consommateurs sont prêts à changer leurs habitudes. À nous, créateurs et créatrices d’entreprises, d’honorer ces attentes et d’engager un vrai changement de société.